La centralisation des institutions publiques dans le Bas du canton met en lumière deux problèmes : la croyance que la centralisation permet de faire des économies et le mépris des dirigeant·e·s cantonaux pour les régions dites « périphériques ». Ne pouvant pas changer les esprits de ces dernier·ère·s, nous pouvons cependant agir pour remettre en question la logique centralisatrice.

En effet, il est erroné de croire que la centralisation produit nécessairement des économies d’échelle. La création de structures de plus en plus grandes conduit à des problèmes de fonctionnement interne qui mènent souvent à des pertes d’efficacité. De plus, elle provoque des coûts importants pour la communauté en concentrant la population dans une région et en faisant augmenter loyers, coût de la vie et déplacements. Elle est également source d’exclusion pour les régions délaissées et répond à une logique purement financière.

Pour nous, le développement du canton passe par la réimplantation de services administratifs, d’écoles supérieures et d’autres grandes infrastructures sur l’ensemble du territoire, Vallées comprises, et au contact de la population. Avec une péréquation juste, garantissant une équité devant les charges, et un vrai impôt sur le bénéfice des entreprises, les communes pourraient alors constituer un véritable maillage de services publics. Il est pour nous inacceptable que La Chaux-de-Fonds soit reléguée à l’état de « banlieue industrielle ».

De même, l’argent public doit être équitablement redistribué dans le canton. Actuellement, les grandes infrastructures sont concentrées dans le Bas (Université, HE-Arc, etc.), ce qui induit des spirales d’attractivité positives et négatives pour les deux régions. De plus, les subventions publiques sont inéquitablement réparties. Par exemple, le Laténium est cantonal alors que le MIH ne reçoit qu’un maigre soutien du canton, La Plage reçoit des clopinettes (CHF 19’600.- plus un versement unique de 25’000 pour la 25e édition) comparées au NIFF (CHF 60’000.-) ou aux Jardins musicaux (CHF 98’000.-). La Bibliothèque de Neuchâtel (BPUN) reçoit davantage que celle de La Chaux-de-Fonds (BVCF) alors que toutes deux ont un mandat cantonal (différence de CHF 400’000.- en 2018). L’Université Populaire reçoit une subvention cantonale moins élevée que celle de La Chaux-de-Fonds. Etc.1

Évidemment nous ne demandons pas une baisse des subventions pour le Bas, mais bel et bien une augmentation des subventions dans les autres parties du canton.

Enfin, la redistribution de la péréquation fédérale est problématique. Actuellement, certaines communes font gagner de l’argent au canton sans rien recevoir de cette manne. Les critères géotopographiques notamment (principalement l’altitude et la déclivité du terrain) rapportent ainsi 23 millions au canton de Neuchâtel, millions qui sont ensuite versés dans les caisses cantonales sans distinction, alors que cet argent est originellement destiné à soutenir les communes devant faire face à des frais plus élevés (déneigement, chauffage, entretien des routes, etc.) en raison de leur situation géo-topographique.

En l’occurrence, ce sont 13 millions qui ne sont pas reversés à La Chauxde-Fonds, somme qu’elle doit faire assumer à sa seule population. Nous voulons que cette injustice cesse et que ces sommes reviennent aux communes concernées. C’est pourquoi nous avons été le moteur de l’initiative sur une juste répartition de la péréquation financière.

Le POP entend peser de tout son poids pour stopper les politiques centralisatrices et favoriser le respect de toutes les régions du canton, ainsi que la prise en compte de leur réelle représentation politique. Pour un canton qui n’a de cesse de se plaindre de la faible écoute dont il bénéficie au niveau fédéral, il est un comble d’appliquer à l’interne les mêmes logiques dénigrantes.

Concrètement, nous voulons :

Une antenne de chaque service public cantonal dans toute région

Une décentralisation de l’administration cantonale, avec une juste répartition des centres décisionnels dans tout le canton

Une réelle représentation et un pouvoir des communes au Grand Conseil

Une décentralisation des structures communales, pour rapprocher l’administration de la population

Un renforcement des Hautes Écoles et des grandes infrastructures dans le Haut du canton

Une juste redistribution de la péréquation fédérale, et un taux d’imposition unique sur tout le territoire