Prise de position du POP suite au lancement d’une initiative pour sauver le terrain sous le Bois du Petit-Château.

Fin avril 2019, le Parti ouvrier et populaire a pris acte du lancement de l’initiative pour sauvegarder le terrain dit de « l’Ancienne », sous le Bois du Petit-Château.

Auparavant, le 27 novembre 2018, le Conseil général a accepté le rapport « izoo18 » (institutions zoologiques 2018) pour la réfection de l’Ancien Stand et y transférer le Musée d’Histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds (MHNC). Dans son rapport, le Conseil communal indiquait alors qu’il entendait créer un parking à la place du terrain de football de l’Ancienne, au sud du bâtiment prévu pour le musée. Deux postulats, dont un du POP, souhaitaient empêcher cette réalisation et forcer l’exécutif communal à trouver une autre solution, sans succès. À présent, le POP a décidé de soutenir cette initiative, car elle va dans le sens de ce que nous proposions. Nos raisons sont les suivantes :

Photographie du terrain de l’Ancienne datant du dimanche 28 avril 2019.

Une contradiction

Le POP a toujours soutenu à l’unanimité le projet porté par Théo Bregnard, le conseiller communal popiste. Le concept de ce projet est de créer un musée de la durabilité et de la protection de l’environnement (MHNC), ce qui est totalement en phase avec l’engagement du POP pour la société de demain. Or parmi les problèmes que rencontre l’environnement, le bétonnage constant de notre planète est l’un des problèmes auxquels nous devons impérativement faire face. Par conséquent, nous considérons qu’il n’est absolument pas cohérent de prévoir un parking juste à côté d’un tel musée, et à la place d’un espace vert utilisé par les enfants du quartier.

Lorsque le POP a déposé son postulat (texte du postulat ici, en page 4: http://www.chaux-de-fonds.ch/autorites/conseil-general/Documents/seances_CG/2018/20181127/PVCGno20_27-novembre-2018_CORR.pdf), celui-ci n’a été soutenu ni par le Parti socialiste des Montagnes neuchâteloises (PSMN), le Parti libéral-radical (PLR), le Parti démocrate chrétien (PDC) ou l’Union démocratique du centre (UDC).

Pour les précisions techniques, nous précisons qu’aucun arrêté du rapport Izoo18 ne mentionnait la mise en place d’un parking, d’où l’obligation de procéder par postulat (lequel est une demande d’étude complémentaire en lien avec un rapport).

Deux objets séparés

Si le parking a été proposé dans le cadre du projet Izoo18 (contre la demande du POP de l’inclure dans le rapport de politique de stationnement, ce qui aurait été bien plus cohérent), les deux objets ne sont pas liés. Le MHNC peut très bien se faire sans parking. Le délai référendaire pour attaquer le projet de musée étant dépassée, rien ne s’oppose à son démarrage selon le calendrier prévu.

De plus, et comme nous le mentionnons plus haut, aucun des quatre arrêtés votés en novembre 2018 ne fait mention d’un parking. En fait, l’arrêté numéro 4 propose le renforcement du mur de soutènement jouxtant l’éventuel futur parking. Il aurait certes été possible d’attaquer cet arrêté par référendum, mais cela n’aurait eu aucun sens. En effet, imaginons le peu de sérieux d’un débat sur un tel point devant la population, ce d’autant plus qu’un tel renforcement peut avoir son sens s’il permet d’éviter que ledit mur ne s’écroule.

C’est pourquoi l’initiative est le seul outil réaliste permettant d’empêcher le Conseil communal de réaliser son projet de parking, sans mettre en danger la réalisation du musée.

Changement de paradigme

Il fut un temps où il allait de soi que toute nouvelle construction destinée à accueillir des usager.ère.s devait se munir d’un parking. Un magasin de grande surface, un restaurant, voire un bar aux USA. C’est la raison pour laquelle les grands magasins se sont établis en périphérie des villes, pour disposer d’assez d’espace pour leurs parkings.

En corollaire, les véhicules ont gagné en importance. Alors qu’à ses débuts la voiture était un objet de luxe, pratique dans certaines situations mais pas essentielle, elle a, petit à petit, redéfini notre rapport aux distances et reconfiguré nos villes. Il est devenu de plus en plus difficile de vivre sans voiture, les commerces de proximité sont sous pression et ferment et Swisscom, autrefois sur le Pod, s’est installé en périphérie, persuadé que chacun dispose d’un moyen de locomotion. Il est à présent « normal » d’avoir une voiture, voire deux. Et donc de plus en plus compliqué de vivre sans.
Cette période, c’était celle où l’écologie n’avait pas autant d’importance. Celle où la pollution n’était pas un problème aussi massivement visible.

Mais voilà: nous faisons à présent face aux coûts de ce mode de vie. À présent, nous devons assumer.
Alors certes, les Suisses.ses ne sont pas les plus pollueur.euse.s. Et bien sûr, des vacances en avion marquent davantage l’environnement que d’aller au Bois du Petit-Château en voiture.
Mais c’est un tout! Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’environnement ne sera pas sauvé sans un changement de comportement. Sans un changement de notre manière de vivre. C’est bien pourquoi les sacs plastiques deviennent payants dans les magasins. Pourquoi nous voulons instaurer des taxes carbones. Pourquoi l’Allemagne a banni le diesel.
Et lorsqu’on prévoit un musée, y inclure un parking par réflexe, c’est rester prisonnier de ce vieux monde. Compter sur l’arrêt de bus et inciter chacun.e à un comportement écologique, c’est passer dans le nouveau. Et tant pis si certain.e.s doivent marcher, prendre le vélo ou les transports en commun. Les gamins apprendront à vivre autrement.

Sur ce plan, le POP sera intransigeant: chaque projet doit favoriser ce changement d’habitudes et d’attitudes. C’est la raison pour laquelle nous nous opposons à ce parking, mais certainement pas à un musée! Notons au passage l’hypocrisie de certain.e.s qui souhaitent à tout prix instaurer un tel parking tout en soutenant les marches pour le climat et en louant les mesures mises en place par la Ville en terme de protection de l’environnement. On croit rêver devant tant d’incohérence…

D’autres solutions sont possibles
Dans son postulat, le POP a proposé d’autres solutions pour pallier à un éventuel manque de places de parking dans ce quartier. En premier lieu, le développement des transports publics. Le MHNC sera desservi par un arrêt de bus, il paraît donc raisonnable d’imaginer que l’on puisse demander aux visiteur.se.s de déposer leur voiture au parking d’Espacité ou dans un des parkings d’échange prévus dans le cadre de la future politique de stationnement. À ces propositions, le Conseil communal n’a eu de cesse de répondre qu’il n’était pas grave de supprimer un terrain de sport pour enfants, car il en existait un autre à 600m. Donc pour le Conseil communal, les enfants peuvent faire 600m à pied sans problème, mais il est fondamental que les automobilistes puissent se parquer à 15m de l’entrée du musée ! En 2019, ce type d’arguments ne devrait plus être avancé sans susciter une levée de boucliers.

En plus du développement des transports publics et des parkings d’échange, d’autres pistes ont été évoquées (rappelons cependant que c’est de la compétence du Conseil communal et aux services de proposer d’autres pistes) par le POP, comme la mise à sens unique de la rue du Nord pour augmenter le nombre de places à disposition, une réflexion sur la rue au sud du Courtil du Sautier, qui est un endroit qui pourrait accueillir des places de parc, idem à l’ouest. La rue du Haut-des-Combes pourrait aussi faire l’objet d’une réflexion sur son devenir. Un dernier point qui pourrait être étudié est la possibilité de faire un partenariat avec les entreprises du coin qui ont des parkings, si on craint un afflux de visiteur.euse.s le week-end. Bref, d’autres solutions existent que le bétonnage d’un terrain de foot.

Rappelons enfin que La Chaux-de-Fonds est une des villes qui a le plus grand nombre de places de parc à disposition, et qu’elle s’évertue pourtant à prévoir de nouveaux parkings à chaque suppression de places, afin de maintenir un tel statu quo. Il est temps que cela change et que le nombre de voitures diminue dans notre ville !

Pourquoi bétonner si on peut faire autrement ?

Lien pour signer l’intiative:

http://latchauxverte.ch/wp-content/uploads/2019/05/Latchauxverte_Initiative_A4_2019_05.pdf

Julien Gressot et Nicolas Turtschi