Travail dominical – témoignage

En ce moment, le syndicat UNIA effectue un sondage auprès du personnel de la vente pour connaître l’avis de celui-ci à propos de l’ouverture des magasins dans le canton de Neuchâtel d’un deuxième dimanche par année. Dans ce sondage, les employés (syndiqués ou non) doivent indiquer s’ils sont pour ou contre cette seconde ouverture, expliquer les raisons de leur choix et dire, en cas d’ouverture, les compensations qu’ils aimeraient obtenir en échange.

Malgré le refus du Grand Conseil d’accéder à un nouvel élargissement des horaires dans le secteur de la vente, il semblerait que cet épineux sujet soit loin d’être clos et que les patrons continuent de faire pression pour arriver à leur fin, mettant dans la balance le futur renouvellement de la CCT au 31.12.2020.

Etant libraire, je fais partie des personnes qui seraient directement touchées par ces modifications et je dois dire que tant l’insistance du patronat que le sondage en lui-même me laisse un arrière-goût amer en bouche. L’idée de consulter les principaux intéressés par une nouvelle dégradation de leurs conditions de travail n’est pas mauvaise en soit mais, pour moi, répondre à ce questionnaire est déjà une manière d’accepter d’entrer en négociation sur une deuxième ouverture dominicale puisque, même en cas de réponse négative à cette question, nous sommes invité(e)s à dire de quelle manière nous souhaiterions obtenir des compensations si ouverture il y a. De cette façon, il est sous-entendu qu’une entrée en matière sur la question est possible à condition d’obtenir des contreparties pour ce nouveau sacrifice sur nos vies privées.

Jusqu’à quelle limite faudra-t-il aller pour permettre à tout un chacun d’exercer son pouvoir d’achat dès qu’il le désire et satisfaire l’appétit commercial débordant des employeurs ? Quels efforts seront encore demandés aux employés du secteur de la vente qui ne peuvent guère compter sur leur salaire et leur temps, de moins en moins, libre pour profiter un minimum de leur vie ? Ces questions méritent d’être posées car rien n’indique qu’une fois le sujet du second dimanche réglé, de nouvelles négociations ne débuteront pas pour une troisième ouverture dominicale ou des horaires hebdomadaires encore plus élargis qu’ils ne le sont déjà !  L’avenir semble peu enclin à restaurer la confiance du personnel de la vente ni dans les syndicats censés les défendre et stopper cette fuite en avant, ni dans leurs employeurs qui font trop peu cas des conditions de travail de leurs salariés.