La fiscalité est une thématique sensible en ville de La Chaux-de-Fonds. Nous payons beaucoup d’impôts, parfois sans avoir l’impression que la situation financière du canton et de la Ville ne s’améliore, ce qui conduit à un sentiment d’incompréhension et de lassitude. De plus, la fiscalité et les frais liés à l’utilisation des infrastructures ne correspondent plus à la situation du XXIe siècle qui voit la mobilité individuelle augmenter. De ce fait, La Chaux-de-Fonds souffre d’un manque d’économie résidentielle et présentielle, car un grand nombre de personnes travaille dans notre ville sans y habiter ni y consommer. Il n’y a donc pas, ou trop peu, de retour à la ville des richesses qui y sont créées.

Or l’impôt est un instrument fondamental de redistribution des richesses. Celui-ci doit être progressif, car il est normal que les personnes les plus aisées contribuent davantage et que celles en difficulté soient soutenues. Actuellement, le taux d’impôt est plafonné, ce que nous souhaitons supprimer.

L’impôt seul nous permet d’avoir des routes de qualité, des écoles gratuites, des services publics (déneigement, parcs, transports publics, police, Bois du Petit-château, piscine, etc.) et des manifestations. Malheureusement, l’impôt tend à être de plus en plus souvent remplacé par des taxes. Or si celles-ci peuvent se justifier dans certaines situations (en faisant payer davantage les personnes qui ne contribuent pas à un service par leurs impôts par exemple), elles sont le plus souvent injustes car elles ne prennent pas en compte la capacité contributive. En effet, plus le salaire est bas, plus la taxe en représente un pourcentage élevé.

À terme, les taxes ne font qu’accroître les inégalités sociales entre des riches qui peuvent se permettre de les payer et des moins riches qui doivent réduire leurs activités (moins de soins, moins de dentiste, moins de vacances, etc.).

En tant que pilier économique de l’État, l’impôt doit être employé à bon escient, jamais gaspillé et consacré à des projets utiles et bien gérés. À cet égard, les organismes de contrôle démocratiques (commission financière notamment) doivent avoir les moyens de vérifier le bon usage des deniers publics et disposer d’un droit de regard sur la manière dont les emprunts sont réalisés. L’argent public doit permettre de fournir aux citoyen·ne·s des services de qualité, de la façon la plus efficiente possible mais sans pour autant exploiter les employé·e·s de la fonction publique.

De plus, l’impôt des entreprises doit absolument être réformé. Actuellement, les personnes morales bénéficient d’exonérations fiscales exorbitantes et injustes, et ce depuis les récentes révisions de la fiscalité cantonale. La Ville de La Chaux-de-Fonds ne perçoit que 12 millions, contre encore 29 millions en 2012. Sachant que le taux d’imposition n’est pas le critère principal d’implantation des entreprises, nous voulons que ce taux, l’un des plus bas de Suisse, soit uniformisé au niveau fédéral pour mettre un terme à une concurrence malsaine entre les cantons et en finir avec la sous-enchère fiscale qui donne aux personnes morales un pouvoir énorme sur les collectivités publiques.

Concrètement, nous voulons :

Un système de taxation qui impose davantage les plus riches et les entreprises bénéficiaires afin de réellement redistribuer les richesses

Une plus grande transparence des dépenses de l’administration

Que le produit de la péréquation fédérale pour les charges géotopographiques revienne directement aux communes concernées plutôt qu’au canton

Un système de taxation qui prenne davantage en compte la distinction entre lieu de résidence et lieu de travail

Une plus juste répartition des ressources cantonales

La fin de la concurrence fiscale