La précarité se généralise. De plus en plus de personnes sont susceptibles de tomber dans la pauvreté même lorsqu’elles ont un travail. Les durcissements de l’assurance-chômage ont permis d’en redresser les chiffres et de prétendre à une amélioration du marché de l’emploi, avec pour seul effet réel de sortir davantage de demandeurs·euse·s des statistiques et de les envoyer à l’aide sociale. Cette dernière est actuellement attaquée par la droite, qui estime que les personnes bénéficiaires sont trop généreusement traitées. Nul ne mentionne les « working poors », ces personnes qui travaillent mais ne peuvent vivre de leur salaire et dépendent donc de l’aide sociale, et on oublie trop facilement les difficultés d’intégration sur le marché de l’emploi ou l’augmentation des formes d’emploi précaires. Rappelons qu’environ un tiers des bénéficiaires de l’aide sociale est constitué de personnes ayant un emploi, souvent au sein de familles monoparentales, et qu’un autre tiers est composé de mineur·e·s ne pouvant en aucun cas être considéré·e·s comme responsables de leur situation.

Le service de l’action sociale de La Chaux-de-Fonds est dans la tourmente depuis plusieurs années, et ce malgré les nombreuses demandes du POP pour davantage de transparence. Nous demandons que la lumière soit faite sur sa gestion. Nous voulons que le service retrouve un fonctionnement permettant aux bénéficiaires d’avoir accès aux prestations auxquels ils et elles ont droit, mais également un suivi personnalisé favorisant un retour à une meilleure situation. Ce dernier point est essentiel pour les jeunes adultes ayant besoin d’une aide ponctuelle. La remise sur pied d’un service qui fonctionne correctement passe également par une refonte des lois cantonales et fédérales afin qu’elles considèrent les bénéficiaires du service comme des êtres humains à aider et non comme des statistiques à gérer. Il faut en revoir entièrement le fonctionnement afin de créer une société plus juste. À l’heure où même les retraité·e·s sombrent dans la précarité et doivent toucher des prestations complémentaires pour pouvoir manger jusqu’à la fin de leur vie, les failles de la mentalité néolibérale qui domine notre société sont de plus en plus flagrantes.

Nous voulons donc que les aides publiques permettent à chacun·e de vivre dignement. Et nous voulons aussi mettre en place de vrais programmes d’intégration pour lutter contre l’exclusion des individus. En ramenant chaque personne concernée vers des emplois correctement rémunérés, nous pouvons tenter d’inverser la vapeur en ville de La Chaux-de-Fonds et permettre à toutes celles et tous ceux qui en ont besoin de bénéficier de l’aide de la collectivité pour sortir la tête de l’eau.

Dans un des pays les plus riches du monde, ne pas combattre la pauvreté est inacceptable ! À ce titre, il est inadmissible que de plus en plus de travailleur·euse·s terminent leur vie dans la pauvreté, et nous voulons mettre en place un système de retraite garantissant une vie digne, comme l’AVS n’aurait jamais dû cesser de l’être. L’augmentation des rentes de l’AVS serait d’ailleurs un excellent moyen de réduire les prestations complémentaires, souvent porteuses de honte ou méconnues des personnes qui pourraient en bénéficier.

Concrètement, nous voulons :

Un service de l’action sociale efficace, fonctionnant de manière équitable pour toutes et tous et doté des ressources suffisantes pour accompagner chacun·e dans ses démarches de manière humaine

L’accès à l’audit du service de l’action sociale permettant de comprendre les problématiques du service de l’action sociale depuis de nombreuses années

Une information et un accompagnement sur les prestations sociales auxquelles chacun·e a droit

Des programmes d’insertion professionnelle dans les fonctions communales, pour réinsérer les chômeuses et chômeurs en fin de droit ou les personnes à l’aide sociale

Des formations continues de qualité et gratuites pour les habitant·e·s de la ville, afin de leur permettre de se former à un nouvel emploi

Un accompagnement accessible pour toutes les personnes dépendantes (alcool, drogue, etc.)

Une attention particulière aux jeunes touché·e·s par la précarité qui peuvent, avec un suivi plus poussé, trouver des solutions

Une AVS respectant ses obligations constitutionnelles de permettre une vie digne (intégration du deuxième pilier, augmentation des rentes, déplafonnement pour les couples mariés, etc.)