Budget 2026 de la Ville de La Chaux-de-Fonds – Intervention de Lara Zender, séance du Conseil général du 16.12.2025

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Dans le contexte général anxiogène, il est difficile d’aborder l’avenir avec sérénité, ce qui est pourtant l’objectif d’un budget. Le POP se bat pour que la Ville continue sa politique de développement et continue à investir dans les différentes infrastructures nécessaires à la population. En ce sens, la lecture du budget 2026 proposé par le Conseil communal tend à nous convenir. Les comptes 2025 et leurs résultats positifs sont également des éléments qui plutôt rassurants. N’oublions donc pas, en abordant ce budget, qu’il reste une prévision de l’année à venir et ses comptes la réalité financière.

Nous ne pouvons que saluer le travail de l’ensemble des services communaux, qui malgré des moyens contenus et surveillés à la loupe, font fonctionner notre ville et permettent à la population de bénéficier de prestations de qualité et d’infrastructures de moins en moins vieillissantes. Ces éléments positifs ne doivent cependant pas nous faire oublier que les efforts demandés aux services restent nombreux, et que l’ensemble de ces projets, même si nous les saluons et les défendons, pèsent à chaque fois plus lourds sur des services, dont les moyens restent plus que contenus et dont les effectifs ne reflètent pas les besoins nécessaires. En ce sens, l’augmentation des BSM (biens, services et marchandises) de seulement 400’000 CHF est une prouesse dont nous ne savons pas si nous devons l’applaudir ou nous en inquiéter… Car à trop presser les services, leur stabilité et les conditions de travail en pâtissent. Il est (trop souvent) fait mention, dans différents services, d’absentéisme ou d’arrêt de longue durée, ce qui est loin d’être rassurant. Notre dynamique communale est depuis plusieurs années positive et reflète une certaine stabilité ; mais ne nous reposons pas non plus uniquement sur ces résultats sans garder un œil grand ouvert sur les conditions de travail du personnel. Le coût de la vie augmente et nous impacte toutes et tous, il est donc nécessaire que les salaires suivent. Nous reconnaissons bien que de nombreux.ses collaborateur.trice.s communaux restent privilégié.e.s en comparaison à l’ensemble des travailleur.euse.s, mais est-ce une raison pour ne pas leur permettre de voir leur salaire s’aligner sur le coût de la vie ? Est-ce normal que des collaborateur.trice.s doivent recourir à des subsides, alors même que la fonction publique devrait être une référence pour le secteur privé ?

Si la révision du RGPA, votée en début d’année, a été accueillie avec grand intérêt par notre groupe et marque un pas en avant nécessaire, n’oublions pas que le postulat dont elle découlait comportait un second volet concernant la grille salariale. Nous attendons donc du Conseil communal qu’il s’attelle à cette question et que les commissions concernées, ainsi que les syndicats, soient convoquées assez en amont pour pouvoir participer pleinement à ce chantier d’ampleur.

L’augmentation des charges de transferts, et notamment celles des associations sportives, culturelles ou sociale, même si elles connaissent une légère augmentation pour 2026, reste insuffisante face à l’augmentation des coûts que rencontrent ces différents secteurs depuis plusieurs années. Il devient de plus en plus difficile pour bon nombre de ces associations de faire face à l’augmentation des charges, et cela d’autant plus quand le bénévolat (élément indispensable à leur fonctionnement) fait face à une crise majeure. Il est donc d’autant plus important qu’une réévaluation de l’ensemble des subventions ait lieu et, en ce sens, le groupe POP attend toujours une réponse à son postulat de 2023. En 2005, la culture recevait 2.38 millions de francs, vingt ans plus tard, l’ensemble de leurs subventions se portent à 2.34 millions, soit une diminution de 40’000 francs…

Si l’augmentation des charges ne cesse d’être combattue et pointée du doigt par une partie de notre hémicycle, les attaques face aux conditions de travail du personnel communal restent notre cible principale. Le groupe POP s’oppose ainsi à toute diminution des EPT et conteste la lecture que la droite fait des chiffres qui nous sont présentés.

Non, l’augmentation des EPT n’est pas débridée.

Non, les charges de personnel ne prennent pas l’ascenseur de manière incontrôlées, comme on l’entend trop souvent.

En 2026, la Ville souhaite augmenter ses EPT de 19.77, ce qui représenterait, en suivant la logique de l’amendement du PLR, une augmentation de 1.9 millions de francs. A cela, on peut rajouter l’attribution des échelons et de l’IPC, deux mesures indispensables que nous saluons pleinement. Ces différents éléments représentent une augmentation d’environ 2.9 millions de francs.

Mais si l’on observe l’augmentation des charges de personnel présentes au budget, on remarque qu’elle n’est QUE de 600’000 CHF, bien loin d’une augmentation fulgurante.

Ainsi, même si une forte augmentation d’EPT est prévue, les charges de personnel restent stables. Le problème n’est donc pas là, et nous continuerons à le rappeler.

Notre Ville souffre d’un déficit structurel de recettes et non de charges.

Notre Ville propose, depuis plusieurs années, des budgets dont les déficits diminuent, et cela en comprimant ses charges, pour contrer des recettes qui, même si elles augmentent, fluctuent grandement selon des leviers ne relevant pas du ressort communal. En effet, la plupart de ces leviers relèvent du niveau cantonal, notamment des recettes fiscales. Il nous semble être dangereusement hypocrite de se positionner comme attentif aux finances communales ou comme garants face à des dépenses partant à vau-l’eau, tout en proposant au Parlement cantonal, ou à travers une initiative électoraliste, de diminuer les recettes fiscales du Canton et, par ricochet, des Communes !

L’impôt est un outil social indispensable pour garantir des services forts et des prestations abordables pour la population, tout en permettant, lorsqu’il est équitable, de diminuer les inégalités. En ce sens, notre système d’imposition est d’ailleurs encore profondément inégalitaire quant à la répartition et à la concentration des richesses entre les mains d’une minorité. Diminuer les impôts pour toutes et tous ne soulage pas les porte-monnaie des ménages, mais précarise les classes populaires et moyennes en diminuant les moyens à disposition des services publics pour la santé, le social, l’éducation ou encore la jeunesse.

Il est important, pour défendre nos budgets et notre Commune, de ne pas seulement se focaliser sur les possibles économies, mais également sur les leviers de recettes. Au lieu de s’écharper sur des économies de bouts de ficelles à hauteur de 20’000 ou 75’000 CHF, face à des charges d’exploitation de 283 millions de francs, ne faut-il pas plutôt chercher à travailler ensemble pour trouver de nouvelles recettes et défendre la Ville dont nous sommes les représentant.e.s ?

Le groupe POP acceptera donc le budget 2026 à l’unanimité, tout comme les amendements de la commission financière.