Comptes 2018 de La Chaux-de-Fonds – constat du Parti ouvrier et populaire (POP)

Les comptes 2018 de la Ville de La Chaux-de-Fonds annoncent un déficit de 2,1 millions de francs par rapport aux prévisions, lesquelles tablaient sur un déficit de 17,4 millions (avant prélèvement à la réserve de politique conjoncturelle – une provision prévue pour faire face aux écarts de conjoncture économique). Un tel résultat provient des mesures d’économie drastiques mises en place depuis cinq ans, de la vente d’immeubles de la Ville et de la bonne santé de Viteos.

Si le POP ne peut que se réjouir d’une réduction du déficit, il ne peut par contre pas non plus manquer de rappeler que c’est au prix d’une violente politique d’austérité. Les pensées du POP vont aux employé.e.s de la ville qui subissent une pression constante, preuve en est l’augmentation des arrêts maladies de longue durée. Rappelons par exemple que sans certain.e.s requérant.e.s d’asile, payé.e.s 40 francs par jour, le ramassage des ordures ne pourrait se faire. La ville se trouve en manque d’investissements pourtant nécessaire pour garantir les infrastructures qui montrent d’importants signes de fatigue (pensons à la piscine des Mélèzes, le Musée international d’horlogerie (MIH), la patinoire des Mélèzes, les parcs, …).

La vente d’immeubles, elle, se poursuit. Alors que la ville avait constitué un lot d’immeubles lui permettant de contrôler le prix des loyers et de faire des choix en matière de développement économique, elle se retrouve avec de moins en moins de marge de manœuvre. Le POP ne peut que condamner ce fait, ce d’autant plus que les prix de ventes s’apparentent le plus souvent à du bradage réalisé à la va-vite. La vente d’un immeuble n’est qu’un palliatif de courte durée, qui précarise encore plus la situation de la ville sur le long terme.

Par ailleurs, le Conseil communal continue de qualifier les bons résultats de Viteos « d’exceptionnels ». Si le POP est bien conscient que la bonne santé de l’entreprise parapublique pourrait ne pas durer, il ne faut pas oublier qu’elle regroupe en fait les services industriels des trois villes du canton. Ne pas prendre en considération les résultats de Viteos dans le fonctionnement normal de la Ville, ne montre pas la véritable situation aux yeux du POP. Sortir les résultats de Viteos des comptes est une décision politique dans le but de justifier la politique d’austérité, voire de l’accentuer.

Le POP tient enfin et surtout à rappeler la responsabilité du Canton de Neuchâtel dans la situation financière de la Ville. À chaque mesure d’économie, un report de charges de la part du Canton est venu plomber toujours davantage le budget de La Chaux-de-Fonds. Les réformes cantonales que le Grand Conseil vient de voter, combattues par le POP, vont encore péjorer durablement les finances chaux-de-fonnières et favoriser les communes résidentielles. Le POP ne supporte plus ces injustices et demande au Conseil d’État de prendre ses responsabilités.

À cet égard, les revendications du Conseil communal d’une répartition plus juste des sommes perçues grâce à la péréquation fédérale reçoivent le soutien du POP. Les critères fédéraux prévoient notamment celui de l’altitude pour les régions situes à plus de 800m. Cette somme, de 21 millions, termine dans les caisses cantonales sans distinction et servent donc des communes qui ne sont pas à plus de 800m et n’ont pas ces charges supplémentaires (déblaiement de la neige et surtout frais de chauffage bien plus élevés). Il est juste que ce montant soit attribué aux communes qui permettent au canton de Neuchâtel de recevoir cette manne sur les mêmes critères. Pour La Chaux-de-Fonds, cela correspondrait à 13 millions qui suffiraient à combler les déficits actuels.

Finalement, la Chaux-de-Fonds souffre d’un déficit en terme d’économie résidentielle. Le POP soutient donc les démarches du Conseil communal pour attirer des contribuables sur le domaine communal. Car il n’est pas juste que la Chaux-de-Fonds offre de nombreux emplois, mais qu’elle porte seule le prix des investissements conséquents en infrastructures et de leur entretien. Elle doit également faire face à des dépenses que n’ont pas la plupart des autres communes , qu’il s’agisse des musées, du déneigement, des écoles, et de toutes les infrastructures d’une ville qui profitent à tout le monde. Il est dès lors scandaleux que certaines communes puissent pratiquer le dumping fiscal tout en continuant à tirer avantage des frais des habitant.e.s chaux-de-fonnier.ère.s.

Poursuivre la politique d’austérité pour que les autres communes et le canton puissent continuer de baisser leurs impôts relèverait d’un acte masochiste et ferait durablement de La Chaux-de-Fonds une cité-dortoir. Il faut désormais inverser la tendance et se tourner vers notre avenir.

Le POP de La Chaux-de-Fonds souhaite qu’un débat cantonal ait lieu sur les questions de fiscalité, car la concurrence entre les communes et les cantons (point sur lequel le canton de Neuchâtel est un champion avec sa sous-enchère de la fiscalité des entreprises) est mortifère pour la collectivité dans son ensemble.

Julien Gressot et Nicolas Turtschi