Grève du 14 juin

Publié le 19 avril 2019 par Alain Bringolf dans Gauchebdo

La majorité de gauche du législatif a accepté par 18 voix contre 11 une proposition de Julien Gressot, qui demandait que pour la Grève des femmes, la ville offre à ses grévistes, par esprit de solidarité, les heures de mobilisation.

Le principe de l’égalité hommes-femmes est entré dans la Constitution helvétique en 1981. Dix ans après, le 14 juin 1991, une grève rappelait avec force que le principe de l’égalité n’était toujours pas appliqué et qu’il fallait prendre des mesures.

Aujourd’hui l’égalité salariale n’est toujours pas une réalité. Pour le même travail et avec les mêmes compétences, une femme demeure moins payée qu’un homme. Beaucoup d’aspects sont également concernés par la question du genre et démontrent l’importance des inégalités et la nécessité de soutenir ce mouvement de lutte pour l’égalité. «Les personnes, certainement davantage des femmes que des hommes, qui participeront aux grèves, verront leur salaire péjorer et donc, paradoxalement, les inégalités économiques s’en trouveront renforcer ou alors elles devront prendre sur leurs jours de congé. Cet état de fait risque de diminuer la participation à ce mouvement souhaitant œuvrer pour une société plus juste. Pour éviter cela, il nous apparaît important que la Ville montre l’exemple et offre les heures de grève à toutes et à tous les grévistes inscrit.e.s, femmes ou hommes».

Le président de la section du POP souligne que ces heures de travail ne coûteront rien ou pas grand-chose à la Ville et contribueront à une amélioration globale de notre société. Il y a en effet plusieurs manières de se mettre en grève selon les organisatrices du mouvement: sur son lieu de travail, chez soi ou dans la rue et à des heures différentes. Il y a donc la possibilité de discuter et d’agencer cela de manière à concilier les différents besoins. Il est évident que cela ne doit pas exonérer les grévistes de s’annoncer à l’avance pour que la Ville puisse prendre ses dispositions afin d’assurer les services qui doivent l’être.

Pour sa part, la ville de Genève libérera ses employées le 14 juin, mais pas ses employés. A Lausanne, la Municipalité a jugé licite le mouvement de grève du 14 juin 2019. Le personnel communal pourra y participer sans être sanctionné.

Le geste de La Chaux-de-Fonds doit être vu comme un soutien à ce mouvement et un encouragement aux entreprises et aux autres collectivités publiques afin d’agir de la même manière dans une période où certaines voix souhaiteraient rendre cette grève illégale.