Une idée de cheni – (Rappel suite à plusieurs demandes de citoyen.NE.s)

Une idée de cheni

En 2007, La Chaux-de-Fonds connaît une importante crise financière due à une mauvaise conjoncture. Laurent Kurth, chef des finances d’alors, cherche un truc pour réduire le coût de la dette de la Ville. Il se torture les méninges, creuse, creuse sans rien trouver. Mais voilà que, ô miracle, la solution jaillit du formidable esprit : aller renégocier deux emprunts de CHF 10 mios que la Ville a contractés auprès de la Depfa bank1.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux emprunts fusionnent en un de CHF 20 mios pour une
durée de 15 ans (2007-2022) avec un taux abaissé à 2,63 %. L’affaire est dans le sac. La Ville économise CHF 112’000.- chaque année ! La manœuvre est somptueuse et le fin stratège s’en va distiller son talent au château.

Hélas, il faut bien se rendre à l’évidence : dans « Oui-oui chez les banquiers » s’est rarement le héros qui gagne. Les banquiers ont pour métier de faire de l’argent avec de l’argent. C’est leur profession à plein temps. Ceux de la Depfa ne dérogent pas à la règle. Ils n’ont accepté de refondre ces deux emprunts à un taux inférieur que pour la moitié de la
durée du prêt.

Pour la seconde moitié, ils ont concocté un taux d’intérêt avec une formule alambiquée où il est question du cours de l’Euro et de l’âge du capitaine. Plus l’Euro baisse, plus le taux monte. Pour 2014, première année au taux aléatoire, ce dernier avoisine 20 % ! Et voilà qu’en une seule année tous les gains réalisés entre 2007 et 2014 s’évanouissent. Les CHF 784’000.- gagnés ne font guère le poids face au surcoût de CHF 3’362’000.- pour la seule année 2014-20152.

La Ville se retrouve la gueule dans la sciure, le voltigeur-trapéziste étant parti sans laisser le filet. Et à la Depfa, on se bidonne à chaque after work en se racontant celle du mec qui vient de La Chaux-de-Fonds…

Pour ce sortir de cette entourloupe à pied-nickelé, il semblerait qu’il n’y ait qu’une seule option. C’est de tourner nos petits yeux ébaubis vers le Conseil d’État pour lui demander si oui ou non un Conseiller communal engage sa Ville lorsqu’il signe un emprunt à un taux aléatoire et sans plafond.

Mais si quelqu’un a une autre idée…

Karim Boukhris, Texte pour le POPinfo du 18 août 2015

LIEN VERS L’EXTRAIT DU PV DU CONSEIL GÉNÉRAL CONTENANT L’INTERVENTION DE KARIM

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1 Le premier a été conclu en 2003 à un taux de 3,09 % et à rembourser en 2011. Le second allait de 2005 à
2015, à un taux de 3,29 %.

2 Toutes choses étant égales par ailleurs, cet emprunt coûtera à La Chaux-de-Fonds CHF 4’000’000.- chaque
année jusqu’en 2022 !!!