Le nombre de jeunes élèves violents est en hausse

Le 28 avril 2019, l’ATS publiait un article sur une enquête réalisée par le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung. Le sujet? Le nombre de « petits péteurs de plombs » est en hausse. Soit les élèves de 4 à 8 ans qui perturbent une classe par leur comportement.

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En préambule, on peut critiquer le terme employé pour désigner ces enfants. Appeler « péteur de plombs » des élèves qui ont des problèmes de comportement est tout sauf pertinent. Combien de ces élèves ont des situations familiales difficiles? Combien sont maltraité.e.s à la maison? Combien souffrent des restrictions budgétaires imposées aux services publics, comme les écoles, les crèches, les foyers? Un terme comme « élève à comportement problématique », par exemple, aurait été plus approprié, plus respectueux de ces gosses.

Ensuite, on est surpris par la méthode de l’enquête. Réalisée par « sondage régionaux », on n’en saura pas davantage. Quelles régions? Combien de personnes? Des enseignant.e.s, des parents, des membres de direction, des psychologues scolaires, des enfants? Reconnaissons que savoir si les sondages étaient représentatifs ou non aurait été une information pertinente, à tout le moins.

Et puis surtout, on est frappé par les conclusions:

– Les élèves difficiles sont la première source de stress pour le personnel scolaire.

Une telle conclusion méritait certainement une recherche…

– Il semble que les « comportements violents, agressifs ou oppositionnels » soient plus nombreux parmi les élèves de 4 ans que chez les 13-14 ans

« Il semble que »… « soient »… Des termes qui montrent bien que les meneurs de l’enquête préfèrent ne pas prendre de risque.

Et puis, qu’est-ce que cette catégorie de « comportement violent, agressif ou oppositionnel »? Violence verbale ou physique? Les deux? Et « oppositionnel », ça signifie que lorsqu’on s’oppose, on est considéré comme « violent »?

Et finalement, comparer le comportement d’enfants de 4 ans à des enfants de 13-14 ans a-t-il du sens? Faudrait-il que le nombre d’enfants à comportement problématique soit proportionnellement stable sur toute la durée de la scolarité? Ca n’a sans doute jamais été le cas.

Y a-t-il des problèmes comportementaux dans les écoles? Probablement. Et nous ne voulons pas ici les nier. Par contre, ce que nous aimerions, ce sont de vraies démarches d’enquête, transparentes, qui tentent de faire la lumière sur les causes de tels dysfonctionnements. Quels sont les effets des réformes scolaires? Quels sont les impacts des restrictions budgétaires? Quels impacts de la mixité culturelle? Quid des augmentations d’effectifs dans les classes? Quelles relations entretiennent les enseignant.e.s avec leur hiérarchie? Avec les parents?

Des questions, il y en a. Mais elles doivent démontrer la volonté de saisir et d’expliquer une réalité complexe et de mettre en lumière les enjeux de l’éducation. Pas simplement parler des « petits péteurs de plombs ».

Coluche : Les journalistes

Nicolas Turtschi