L’Hôpital neuchâtelois présente ses comptes 2018

Alors que le budget prévoyait un déficit de 5,5 millions, les comptes présentent un manque à gagner de 219’000 francs. Grâce aux efforts de tous les cadres et collaborateur-trice-s de l’institution, l’équilibre financier exigé par l’Etat est atteint plus vite que prévu. En voici la présentation résumée par la direction d’HNE.

La participation de l’Etat au changement de primauté de la caisse du personnel Prévoyance.ne rapporte 8.4 millions (pas renouvelable). Plus d’une centaine d’équivalents plein-temps (EPT) sans contact avec les patient-e-s ont été supprimés (dégraissement du personnel). En recul d’1,5 million, les charges «démontrent une maîtrise rigoureuse de la gestion du personnel (sic)». Une augmentation de plus de 10 millions des recettes d’activités en lien avec les patient-e-s est particulièrement marquée dans le domaine ambulatoire, l’augmentation de 5% de l’indice de lourdeur moyenne des cas a entraîné une hausse des recettes de 7 millions, l’activité de réadaptation a aussi permis 1,2 million de recettes supplémentaires.

Pour la direction, le défi consiste «à maintenir l’équilibre financier sur la durée car la pression financière restera très forte ces prochaines années». L’Etat a prévu de baisser les prestations d’intérêt général de 25 millions d’ici à 2026. La mise en place du nouveau Réseau Hospitalier Neuchâtelois décidée par le Grand conseil pourrait coûter, selon la commission santé du parlement, 3,5 millions annuellement. Les charges salariales poursuivront leur tendance à la hausse en application des conventions collectives. L’introduction du dossier électronique du patient devra se faire en avril 2020 selon les directives de la Confédération. De plus, la pression sur les tarifs continuera à être très forte, tout comme la concurrence du secteur privé et des hôpitaux situés hors canton.

Ce panorama montre que l’Hôpital neuchâtelois vit selon les règles néolibérales. Faire face à la concurrence, éliminer le personnel d’entretien pour le confier à une entreprise privée afin d’éviter d’importantes charges, faire face aux exigences du Conseil d‘Etat, qui veut économiser sur tout ce qui bouge, entraîne un état d’esprit malfaisant. Chaque modification est examinée sur ses effets économiques et cette approche transforme peu à peu à la pratique de la santé publique en une machine industrielle. L’intérêt du patient ou de la patiente arrive après les intérêts financiers. Cette politique libérale imposée par la Confédération agit sur l’entourage médical dans tout le pays et à chaque niveau les responsables peuvent dire: «Ce n’est pas de notre faute.»

Si un tel système peut permettre des avancées à la fois financière et technologique, dont bénéficieront les patient-e-s, nous restons convaincu que l’idéologie en cours prétérite l’aspect convivial de la relation entre le corps médical et la ou le patient-e. Elle nuit en finalité aux meilleurs traitements de la maladie et à la prévention.

Alain Bringolf