Soins à domicile : Refus à l’introduction d’une taxe

Une motion PLR demandant une participation financière supplémentaire au bénéficiaire des soins à domicile a été, à juste titre, refusée par le Grand Conseil. Voici l’intervention de PVS par Cédric Dupraz

Nous tenons d’emblée à rappeler que cette motion s’inscrit dans la continuité des mesures et attaques prises en 2014 sauf erreur contre les personnes les plus faibles de la société.

A cette époque, le principe de proportionnalité et de solidarité qui avait prévalu jusque-là pour l’aide au ménage pour les personnes atteintes dans leur santé et à faible revenu avait été supprimé. Malgré les oppositions de PVS, une participation totalement indépendante du revenu du bénéficiaire avait ainsi été privilégiée.

Précisons que les personnes qui ont recours aux soins à domicile ne le font pas par confort, mais bel et bien par nécessité. D’ailleurs, il y a souvent de la réticence, au début du processus, à l’idée d’entrer dans une situation de dépendance ; à l’idée d’ouvrir son lieu d’habitation, son intimité à des tiers. Ces personnes doivent passer, le plus souvent, par un processus de deuil… deuil par rapport à leur état de santé antérieur. parfois, dégénératif et irréversible. Ce n’est qu’après ce processus, que les personnes acceptent enfin de recourir à ces soins de qualité, évitant alors un placement en institution.

Or, après la suppression du soutien financier pour l’aide au ménage, il s’agit aujourd’hui d’une nouvelle mesure contre cette catégorie de la population, souvent fragilisée, tant sur le plan économique que sanitaire. Cette situation est d’autant plus problématique, que contrairement à l’aide au ménage, les usagers participent déjà au financement de ces prestations, par le biais de leur prime d’assurance-maladie et de leur franchise.

S’il fallait être un brin cynique : taxer les personnes atteintes dans leur santé, souvent des séniors, c’est bien joué : Ces personnes sont captives et ne peuvent déménager… à part peut-être pour aller dans un home qui coûtera au final nettement plus cher à la société !

Bref, vous l’aurez compris :

Ce principe ne peut être admis au vu des antécédents : ouvrir la porte, c’est supprimer à terme – comme pour le soutien à l’aide au ménage – le principe de participation proportionnelle selon son revenu ;

Ce principe ne peut être admis au vu du contexte : l’augmentation constante des disparités sociales ne peut être que renforcée par ce type de mesures.

Ce principe ne peut être admis selon le principe du rapport « coût/utilité » : comme le dit le gouvernement, cette mesure n’améliorera en rien la situation financière de l’Etat.

Fragilisant le principe de solidarité, PVS vous invite à refuser cette motion.

Au final, la motion est refusée par le Grand Conseil neuchâtelois